Interview

Søren Henrichsen

C’est l’histoire d’un designer industriel qui met en avant ses racines et un savoir-faire dans ses produits. Moderne et inattendu, son parcours est aussi atypique que les objets qu’il fabrique. 

« Des objets pour simplifier la vie mais aussi pour faire sourire les gens ». 

 

  • Son parcours

Be Vinsign : Søren, d’où viens-tu et quel a été ton parcours en quelques mots ?

Søren Henrichsen : J’ai un parcours un peu atypique, je suis danois et suisse. Deux petits pays qui se mélangent bien ! C’est ce que l’on essaye de transmettre : la précision suisse et le design scandinave. Je n’ai pas suivi une formation classique de designer, j’ai suivi la Propédeutique à l’ECAL et ensuite je me suis lancé tout seul. Je recherchais un contact direct avec les artisans et voulais être directement confronté à un public. J’ai donc pris la décision de faire mes objets moi-même et de les vendre en boutique. Je savais déjà ce que je voulais faire et comment je voulais le faire.

Be Vinsign : Quelles ont été tes inspirations dans ton métier ?

Søren Henrichsen : Chez mes grands-parents au Danemark il y a toujours eu du mobilier design, je pense que c’est de là que vient mon intérêt pour ce métier. Le cuir, le bois, les matières naturelles… Je pense avoir été fasciné par ce style.

Be Vinsign : Est-ce que tu penses que tes origines y sont pour quelque chose dans ton métier ?

Søren Henrichsen : Oui je pense, il y a une tradition du design dans les pays nordiques dont je m’inspire donc c’est quelque chose d’important. Par exemple, nous avons fabriqué des bougeoirs qui reflètent forcément ce côté scandinave où l’on allume les bougies, il fait assez sombre assez tôt et assez gris pendant la majeure partie de l’année. Et c’est ce sentiment de bien-être, chaleureux et familiale que l’on transmet dans nos objets.

  • Sa marque

Be Vinsign : Quelle est la touche personnelle du style Søren Henrichsen ?

Søren Henrichsen : Nous essayons d’avoir des lignes assez sobres, sûrement inspirées de la partie danoise de mon histoire. Nous faisons aussi en sorte d’avoir une histoire à raconter autour de l’objet, que ce soit une double fonction ou une petite surprise. Comme dans notre dernier bougeoir.

Be Vinsign : Explique-nous ta chaîne de production. D’où viennent les matières que tu utilises ?

Søren Henrichsen : Nous essayons de favoriser un circuit court et d’utiliser au maximum des matières que nous trouvons directement en Suisse. C’est tout un savoir-faire qui est valorisé, comparé à des pays d’Asie où l’on peut facilement perdre le contrôle de la qualité. Quand ce n’est pas le cas, nous prenons des matières venant d’Italie ou d’autres pays d’Europe, où l’on peut facilement visiter les usines. Au final l’Europe reste un lieu local comparé au reste du monde.

Be Vinsign : Fais-tu des ventes à l’international ?

Søren Henrichsen : Oui, en Europe c’est souvent en Allemagne et au Danemark. Et pour sortir du continent, nous avons vendu en Australie, au Japon et au Guatemala. En ce moment nous vendons beaucoup en Californie. Il y a une communauté qui s’est créée là-bas et ils se passent le mot. Le bouche à oreille est très important dans nos ventes.

Be Vinsign : Parles nous un peu de ta clientèle. Arrives-tu à vendre via les réseaux sociaux ?

Søren Henrichsen : Oui, une partie de notre clientèle vient d’Instagram et de Facebook. Je dirais que 20% de notre clientèle vient de ces réseaux sociaux. Nous partons du principe où il ne faut pas vendre qu’à des designers, mais plus à un public de particuliers pour créer des émotions et leur faire découvrir le design scandinave avec des produits simples, de bonne qualité et surtout abordables.

Be Vinsign : Nous imaginons que ton entourage doit beaucoup te soutenir dans ton métier.

Søren Henrichsen : Oui en effet, ma compagne Lesley me soutient depuis maintenant 9 ans. Elle apporte un réel regard extérieur et de nouvelles idées sur nos produits, elle s’occupe aussi de la partie administrative. 

  • Ses projets

 

Be Vinsign : As-tu un projet qui t’a tenu le plus à cœur ?

Søren Henrichsen : C’est une question difficile parce que j’aime tous les objets que je produis… Mais je pense que celui qui m’a le plus marqué c’est mon tout premier porte-clés. C’est à ce moment-là que tout s’est mis en place, que nous avons commencé les collaborations, et ça a très vite trouvé son public. Je pense que si cet objet-là n’avait pas marché, il n’y en aurait sûrement pas eu d’autres.

Be Vinsign : Est-ce que les collaborations t’intéressent ? Si oui, en as-tu déjà fait ?

Søren Henrichsen : Oui, on a déjà fait des collaborations avec d’autres designers. C’est intéressant de voir plusieurs univers se confronter. Là par exemple, nous sommes en collaboration avec un hôtel à Zermatt pour y installer nos coucous dans les chambres.

Be Vinsign : Quels sont les challenges pour toi aujourd’hui ?

Søren Henrichsen : Le plus gros défi est de faire connaître la marque, et ensuite de pouvoir la distribuer à plus grande échelle. Je pense que c’est le plus gros défi pour une petite marque comme la mienne. Puis aussi d’avoir toujours de nouvelles idées pour créer de nouveaux objets…

Be Vinsign : Es-tu inspiré par les tendances actuelles que ce soit la mode ou le lifestyle ?

Søren Henrichsen : Oui assez, je pense qu’il faut coller à une tendance pour ne pas aller à contre-courant. Notre démarche est assez écoresponsable, notre critère est de créer des objets les plus durables possible. Donc on s’adapte un peu à ces nouveaux modes de vie.

Be Vinsign : As-tu des conseils pour les nouveaux designers ?

Søren Henrichsen : Je pense que lorsque l’on veut se lancer, il faut le faire avec de petits objets. Cela permet des coûts de fabrication raisonnables, de stocker pour des coûts raisonnables, de livrer pour des coûts raisonnables et de vendre sans prendre trop de risques. Et je créerais tout de suite une boutique en ligne, je ne l’ai pas fait directement mais je me suis rendu compte que c’était nécessaire.

Retrouvez les coucous de Søren Henrichsen sur Bevinsign :